"L’après-Jacques Servier est assuré"
La Tribune.fr
Elle a été faite sous le choc de l’annonce, nous n’étions pas organisés pour de la communication de crise….

--Tagged under: Servier--

--Tagged under: médiator--

--Tagged under: communication de crise--

Face à la crise, quand les cadors bafouillent

 Au 20 heures de TF1, Carlos Ghosn, le patron de Renault a affirmé détenir «des preuves multiples» à l'encontre de ses trois cadres licenciés dans l'affaire de faux espionnage.

Au 20 heures de TF1, Carlos Ghosn, le patron de Renault a affirmé détenir «des preuves multiples» à l’encontre de ses trois cadres licenciés dans l’affaire de faux espionnage. Crédits photo : BORIS HORVAT/AFP

Source : Le Figaro.fr - 16/05/11 13:16

INFOGRAPHIE - Suicides chez France Télécom, faux espionnage chez Renault, scandale du Médiator chez Servier… Face à la pression des médias, les dirigeants n’ont pas su réagir. Des défaillances qui n’ont toutefois pas impacté leurs performances économiques et boursières.

Ils s’appellent France Télécom, Renault ou Servier. Leur point commun ? Tous ont récemment essuyé des scandales au niveau national : la vague de suicides chez le spécialiste des télécommunications, l’affaire du faux espionnage industriel pour la marque au losange, celle du scandale de santé publique pour le laboratoire pharmaceutique. Malgré leurs armadas de communicants, leurs dirigeants ont eu des propos malheureux - déplacés ou erronés -, renforçant les attaques médiatiques à l’encontre de leurs sociétés. Un peu à l’image de Dominique Strauss-Kahn, qui est monté fin avril dans la porsche d’un de ses conseillers en communication, et dont la presse a fait ses choux gras, déplorant le retour d’une certaine «gauche caviar».

Dernièrement, France Télécom s’est encore retrouvé dans l’œil du cyclone avec l’immolation d’un employé sur le parking d’un de ses sites, relevant à 58 le nombre de suicides de salariés de l’entreprise depuis janvier 2008. Pourtant, quelques mois plus tôt, l’opérateur se félicitait du retour à une «ambiance normale […] comme dans toute entreprise, avec ses hauts et ses bas». Et Stéphane Richard, le directeur général du groupe, d’appeler dans nos colonnes «à la prudence» des syndicats et des médias, voyant dans certains suicides «des drames de la vie […] a priori sans lien avec l’entreprise».

Pour Laurent Vibert, spécialiste en communication de crise, «les entreprises pensent parfois trop vite qu’elles ont surmonté leurs problèmes». Et lorsqu’une affaire ressurgi, «l’équipe de communication ne dispose plus vraiment d’outils et se trouve dépassée, voire décrédibilisée». Dos au mur, Jean-Bernard Orsoni, porte-parole et attaché de presse de France Télécom, se positionne désormais en bouc émissaire : «à un moment, pour différentes raisons, on est devenu un cas emblématique de la question du suicide au travail. Mais c’est illustré uniquement par France Télécom », s’indigne-t-il. Avant de s’avancer dans une comparaison pour le moins déplacée : «Vous savez combien il y a de suicides par an dans le Nord-Pas de Calais ? 860 !»

Les patrons «déconnectés des Français et de leur entreprise»

D’après Laurent Vibert, les têtes dirigeantes ont bien souvent du mal «à se mettre à la place de l’auditeur». De manière générale, «ils sont déconnectés de la réalité de leur entreprise». Pour certains même, leur ego l’emporte sur les conseils des sociétés de communications. Exemple emblématique, Jacques Servier a choqué la France lors de ses vœux pour la nouvelle année, en assénant : «le Médiator, ce n’est que trois morts». A la suite de ces propos, l’agence Image 7, qui tentait de rattraper le coup, a rendu son tablier. Anne Méaux, à la tête de la prestigieuse agence de communication, n’a pas souhaité revenir sur ce claquage de porte. Mais d’après nos informations, elle déplorerait de manière générale le manque de marge de manœuvre dont les agences disposent pour gérer certaines crises.

Carlos Ghosn, le patron de Renault, n’a pas non plus abattu sa meilleure carte, quand, après vingt longs jours de silence qui ont suivi l’éclatement de l’affaire d’espionnage industriel, il est apparu au journal de 20 heures de TF1, assurant qu’il détenait «des preuves multiples» à l’encontre de ses trois cadres licenciés. Sauf que peu après l’affaire a tourné au vinaigre, devenant une fausse affaire. «C’est pourtant tout le travail des responsables de communication de s’assurer de la véracité de ce type de faits, témoigne une communicante d’un grand groupe. S’ils n’en sont pas sûrs, ils ne vont pas au 20 heures». Dans ce cas, il semblerait que Carlos Ghosn ait court-circuité la «com’» et soit allé chercher conseil auprès de ses proches. Dans les milieux bien informés, le nom de Maurice Lévy, PDG de Publicis, a circulé.

Au final, si la plupart des crises marquent les esprits et impactent un temps l’image des sociétés, «elles n’ont pas de conséquences durables sur leurs comptes», juge Laurent Vibert. Il souligne que «la mémoire des crises est assez courte». Il prend en exemple Toyota, dont le grand public «a déjà oublié les rappels massifs de véhicules» au premier trimestre après de sérieux problèmes techniques. Chez Renault, aucun ralentissement de l’activité n’est à déplorer. Aux yeux des analystes financiers, la marque au losange est dans une bonne dynamique et ses perspectives restent prometteuses, notamment dans l’électrique, avec son plan stratégique 2016.

Pour la maison de conseils boursiers Natixis Securities, à l’achat sur la valeur, l’affaire d’espionnage n’a en rien impacté les prévisions de résultats du groupe et n’a fait l’objet d’aucun commentaire. Sauf récemment : «la page est définitivement tournée […], l’assemblée générale du 29 avril a été gérée de main de maître». Avec Carlos Ghosn dans le rôle du chef d’orchestre. En plus, Renault a signé un «excellent début d’année» marqué par une croissance du chiffre d’affaires de 15% au premier trimestre. Au final, même si l’action a perdu plus de 3% en Bourse après la demission de Patrick Pélata, le numéro deux du groupe, le constructeur a sauvé ses plumes : l’action perd 5,2% depuis le début de l’année quand le CAC 40 en gagne 5% et Peugeot 7%. Mais l’écart s’explique essentiellement par le séisme au Japon, qui affecte son allié japonais Nissan.

Du côté de France Télécom, le titre n’a presque pas bougé depuis le 1er janvier, tout comme l’indice sectoriel des télécommunications. «Tant que la crise que traverse un groupe ne touche pas à l’offre ou à la demande, alors l’impact de celle-ci sera invisible dans les notes d’analystes et peu répercuté sur les cours de Bourse», confie un analyste parisien. Ainsi, quand Toyota vivait sa crise des rappels de millions de voituresou lorsque la plateforme pétrole de BP a explosé aux Etats-Unis, alors la production est directement touchée et les perspectives immédiatement révisées en baisse. Quant à Servier, non coté en Bourse, l’affaire du Mediator ne l’a pas affecté : la société dispose de deux milliards d’euros de trésorerie et n’a pas de dette. Malgré les indemnisations que devra verser le groupe, la crise du Mediator ne devrait donc pas le contraindre à céder des actifs. Et ce, meme si la bataille politico-judiciaire concernant les compensations financières aux victimes vient tout juste de débuter.

Rabreau, Marine, Manière, Pierre

Pour en savoir plus sur le cas Renault / Espionnage

(Source : marches.lefigaro.fr)

--Tagged under: France Télécom--

--Tagged under: Servier--

--Tagged under: médiator--

--Tagged under: renault--

--Tagged under: vibert--

--Tagged under: communication de crise--

Laboratoire Servier : existe-t-il une stratégie de sortie de crise ?

Par Comcrise

Au lendemain de l’audition de Jacques Servier par une commission d’information parlementaire, on apprend que ce dernier serait resté très silencieux, n’apportant que très peu d’explications sur le scandale du Médiator, au grand désarroi des députés qui déplorent l’absence d’éléments d’explication et le manque d’empathie pour les victimes.

D’autres cadres de l’équipe dirigeante du premier groupe pharmaceutique indépendant français se sont exprimés sans convaincre davantage, dont Lucy Vincent, la directrice de la communication. Cette dernière apparaissant même à l’opposé de ce que l’on est en droit d’attendre d’une Dir. com en pareille situation tant sur le fond que sur la forme. Les messages portés par les responsables hiérarchiques illustrent essentiellement l’impact très négatif pour l’image de la société Servier et ses conséquences sur le personnel dont il est rapporté qu’il est extrêmement affecté !

On voit donc mal en quoi cette attitude négationniste peut-elle contribuer à une atténuation – voire une sortie – de l’état de crise ? Alors quelle solution ?

Les conséquences présumées du Médiator sont énormes : l’anti-diabétique prescrit aussi comme coupe-faim, aurait provoqué le décès de 500 à 2000 patients en l’espace de 33 ans, avant d’être retiré du marché français en novembre 2009. Le silence des responsables qui ne donnent aucun élément d’explication rend la situation encore plus complexe en alimentant l’indignation des proches des victimes, et en provoquant l’incompréhension de l’opinion publique.

Il est temps à présent de passer à l’offensive en élaborant une stratégie basée sur l’empathie et la pédagogie. Il est temps d’expliquer les raisons de ce processus long de plusieurs décennies, quitte à en passer par une dose de repentance qui est de toute façon inéluctable. Anticiper les conséquences dévastatrices des résultats de l’enquête et des expertises c’est reprendre l’initiative et imaginer des solutions pour sauver ce qui peut encore l’être, par respect pour les victimes et les impliqués, par reconnaissance pour les nombreux salariés de l’entreprise, pour éviter aussi que la méfiance et l’opprobre publiques ne soient portées sur les autres laboratoires pharmaceutiques français, qui n’ont pas besoin de ce déficit d’image dans le contexte de concurrence féroce et de crise économique que nous subissons.

Par définition, l’humain doit être au centre de toute action de communication, cela est un principe fondamental et tout particulièrement dans des situations de crise. Pourquoi tant de dirigeants l’ignorent-ils encore ? Serait-ce le poids et les enjeux du profit ?

PB & LV

--Tagged under: médiator--

--Tagged under: Servier--

Le cas Servier : le mediator

Comment un petit médecin de province a rodé un système assez puissant pour bâtir le deuxième laboratoire pharmaceutique français. Mais qui, poussé à l’extrême, a dérapé et menace de sombrer. 

--Tagged under: Servier--

--Tagged under: médiator--

Nous contacter : Email No spam please.
Theme created by: Roy David Farber and Hunson. Powered By: Tumblr...
1 of 1